Flash Marchés financiers – Janvier 2023

Bilan de l'année 2022

Le dernier mois de l’année 2022 n’aura donc pas endigué la tendance baissière des principaux indices boursiers. Leur performance mensuelle a en effet été comprise entre – 4 % en Europe et – 9 % aux États-Unis.
Les indices ont ainsi clôturé l’année entre – 10 % en Europe et – 20 % aux États-Unis (jusqu’à – 33 % pour le Nasdaq).

L’année 2022 commençait pourtant sur une note positive avec la réouverture de la plupart des grandes économies après la crise liée au Covid.

Plusieurs facteurs sont néanmoins venus inverser cette tendance :

  • Le retour d’une inflation « explosive » et du plus important resserrement monétaire depuis les années 80 :
    La combinaison de politiques monétaires accommodantes et de politiques budgétaires expansionnistes a entraîné un choc de la demande et une rupture des chaînes d’approvisionnement lors de la réouverture des économies post crise sanitaire.
    L’inflation a ainsi connu un pic à plus à + 10 % en Europe et à + 9 % aux États-Unis.
    Les principales banques centrales ont réagi et ont entamé un processus de hausse de taux. Ceux de la Fed se situent donc désormais dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,50 % tandis que le principal taux directeur de la BCE est désormais de + 2,50 %.

  • La résurgence d’une guerre aux portes de l’Europe :
    L’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a eu pour conséquence d’exercer une pression à la hausse sur le prix des matières premières (gaz et pétrole en premier lieu), est responsable d’environ 30 % de l’inflation globale.
    Au-delà des impacts purement économiques, ce conflit a naturellement contribué à entretenir un climat de défiance et à raviver un penchant pour le protectionnisme au niveau mondial. Nous disposons en outre de peu de visibilité sur l’issue du conflit ce qui rend la situation très incertaine pour les prochains mois.

  • L’isolement de la Chine :
    Contrairement à la plupart des pays occidentaux qui ont misé sur une levée des restrictions sanitaires à l’issue des campagnes de vaccination, la stratégie chinoise a été radicalement différente. L’Empire du Milieu vient en effet de rouvrir ses frontières après trois années d’une politique « zéro Covid » qui a lourdement pénalisé l’économie. Le marché immobilier s’est effondré et le rythme de croissance a diminué drastiquement par rapport aux années passées (estimations comprises entre + 2,50 % et + 3 % pour l’année 2022). Au vu du poids que pèse désormais l’économie chinoise l’économie mondiale est, par conséquent, impactée.

En ce qui concerne l’activité économique :

Des États-Unis :
La croissance du PIB devrait être proche de + 2 % en 2022. L’économie s’est donc, pour l’heure, montrée résiliente face au choc inflationniste et au resserrement monétaire entrepris par la Fed.
Les indicateurs avancés sont néanmoins en contraction et le stock d’épargne accumulé par les consommateurs durant la crise sanitaire est presque épuisé. La capacité d’épargne des ménages a elle aussi tendance à décroitre.

Et si le marché de l’emploi reste solide (situation proche du plein emploi), il convient de relativiser dès lors qu’il constitue souvent la dernière variable économique à décrocher.

Europe :
La zone Euro a également bien résisté aux chocs décrits ci-avant avec une croissance qui devrait s’établir à plus de 3 % pour l’année 2022.

Face à la mise en place de politiques monétaires restrictives et à la dégradation du contexte économique (inflation et risque de récession), les marchés ont réagi de la façon suivante :

  • Nous avons assisté à une recorrélation à la baisse des principales classes d’actifs (aussi bien des actifs « traditionnels » que des actifs plus « atypiques » comme les cryptomonnaies).

  • Cela a conduit à une contraction des multiples de valorisation sur les marchés actions, en particulier sur les marchés américains (marchés très cycliques) et les marchés chinois. Au contraire, le CAC40, principalement orienté sur des valeurs des secteurs du luxe, de la défense et de l’énergie, a bien résisté.

  • La volatilité a été très importante comme le montre l’évolution du VIX (indicateur de volatilité des marchés américains) qui est revenu temporairement sur des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis 2020.

  • La rapide remontée des taux par la Fed a conduit à une tendance haussière sur le dollar avec le passage temporaire sous la parité avec l’euro.

  • Le prix du pétrole a connu une grande volatilité tout en affichant finalement une faible hausse sur l’année glissante au vu de la baisse observée au deuxième semestre et des craintes d’une entrée en récession.

Perspectives pour 2023

La directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Kristalina Georgieva, a indiqué en ce début d’année que, selon elle, « la nouvelle année serait plus difficile que l’année que nous laissons derrière nous ».

Aussi :

    • Nous devrions observer une tendance déflationniste avec des niveaux compris entre 3 % et 4 %, compte-tenu principalement de l’effet de base induit par le mode de calcul de l’inflation (sur 12 mois glissants).

    • Quels seront les dommages collatéraux du resserrement monétaire et quel sera l’ampleur du ralentissement économique ? Les marchés anticipent pour l’instant une récession modérée, ce qui pourrait induire une nouvelle correction en cas de dégradation plus importante du contexte.

    • L’inflation pourrait également peser davantage sur les marges des entreprises et impacter les prochains résultats qu’elles publieront. En effet, cela ne s’est jusqu’à présent pas matérialisé dans les résultats publiés en 2022.

    • L’entrée en récession pourrait également entraîner des répercussions sur la solvabilité des entreprises et ainsi conduire à une augmentation des taux de défaut.

    • Enfin, l’année 2022 nous a rappelé qu’un facteur exogène inattendu (sanitaire, politique, géopolitique) n’était pas à exclure.

Nous conservons donc un biais prudent en ce début d’année en conservant des portefeuilles peu exposés aux marchés actions.
Nous restons néanmoins attentifs à des opportunités qui pourraient se présenter sur certaines classes d’actifs (immobilier, marché obligataire) ainsi qu’à des points d’entrée qui pourraient se présenter en cas de nouvelle correction.