Flash Marchés Financiers – Avril 2022

Les marchés européens sont restés stables mais très volatiles en mars (+0,02 % pour le CAC40) tandis que les marchés américains, moins impactés, ont poursuivi leur progression (+3,58 % pour le S&P500). Leur évolution au cours des dernières semaines laisse supposer l’anticipation d’une issue positive au conflit en Ukraine alors même que la situation demeure fragile et instable.

Sur le plan géopolitique, les intentions de la Russie ne semblent pas claires malgré l’annonce d’un retrait militaire dans la région de Kiev pour se concentrer sur le Donbass. Risque-t-on de voir apparaître de nouveaux fronts à Odessa et en Transnistrie ? De quelles façons les occidentaux vont-ils faire évoluer les sanctions à l’égard de la Russie après les accusations de crimes de guerre ? Dans ce contexte, le manque de visibilité est criant, aussi bien sur la durée et l’issue du conflit que, de façon plus globale, sur l’évolution des relations à plus long terme entre Vladimir Poutine et ses interlocuteurs occidentaux.

Sur le plan économique, la situation actuelle entraîne ou accentue certaines tensions :

Inflation et impacts sur la croissance bénéficiaire des entreprises

Le niveau d’inflation en zone euro en mars (+7,5 %) constitue un record, s’expliquant principalement par la progression des prix de l’énergie (+45 %). Plus généralement, nous connaissons des pressions inflationnistes sur l’ensemble des matières premières (blé, cuivre, nickel, pétrole etc.).
L’inflation sous-jacente est elle aussi en hausse de +3 % en mars, en rythme annuel (contre +2,7 % en février). D’après les prévisions, un pic pourrait être atteint au second semestre 2022.

Il sera intéressant de suivre les impacts de cette inflation sur les résultats des entreprises au 1er trimestre qui vont être publiés courant avril (révision à la baisse des bénéfices en Europe ?).

Confiance des consommateurs

La confiance des consommateurs au cours des dernières semaines est en baisse, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

Activité économique et croissance

Aux États-Unis, les indicateurs avancés (ISM manufacturier notamment) ont eux aussi affiché une baisse en mars par rapport au mois précédent. Le taux de chômage a, en revanche, retrouvé son niveau pré-Covid.
De façon plus globale, les craintes d’une récession à plus ou moins long terme existent. Cela pourrait se matérialiser en 2023, après la mise en place du resserrement monétaire par les banques centrales.

Dans ce sens, nous avons assisté ces derniers jours à une inversion de la courbe des taux aux États-Unis (le rendement des taux courts étant supérieurs à ceux des taux longs), indicateur pouvant laisser présager d’une récession.

Dans ce contexte, les marchés semblent plutôt optimistes comme en témoignent les performances des principaux indices depuis le début de l’année (certes négatives mais de façon raisonnable eu égard à la dégradation du contexte géopolitique et économique). Les valeurs cycliques (industrie, consommation discrétionnaire), qui avaient profité d’une reprise de l’activité ces derniers mois, sous-performent, tandis que les valeurs défensives et de qualité se comportent mieux (santé, services aux collectivités, technologie).

 

Dans ce contexte et devant le niveau d’incertitude, une réexposition aux actifs risqués nous semble toujours prématurée. Pour les investisseurs qui souhaiteraient, malgré tout, augmenter leur exposition, nous pourrions identifier les segments de marchés suivants : les matières premières et les métaux précieux, les actions chinoises, qui ont atteint des niveaux de valorisation attractifs, ainsi que les valeurs liées aux infrastructures et à la thématique de la cybersécurité.

Repères financiers

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